{"id":536,"date":"2013-06-14T11:17:04","date_gmt":"2013-06-14T10:17:04","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost:8888\/estuaire2013\/?page_id=536"},"modified":"2014-05-06T15:20:18","modified_gmt":"2014-05-06T14:20:18","slug":"l-environnement-le-patrimoine-de-l-estuaire","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.estuaire.info\/fr\/l-environnement-le-patrimoine-de-l-estuaire\/","title":{"rendered":"L\u2019environnement &#038; le patrimoine  de l\u2019estuaire"},"content":{"rendered":"<h2>Un territoire contrast\u00e9 \u00e0 la recherche d\u2019un \u00e9quilibre<\/h2>\n<p>entre d\u00e9veloppement \u00e9conomique et pr\u00e9servation de l\u2019environnement.<br \/>\nDe cette palette de couleur, le gris et le vert \u00e9voquent plus particuli\u00e8rement l\u2019histoire r\u00e9cente de l\u2019estuaire. La p\u00e9riode grise correspond \u00e0 celle des ing\u00e9nieurs, qui, \u00e0 partir de 1750, cherchent \u00e0 domestiquer la nature, am\u00e9liorer la navigabilit\u00e9, faire entrer l\u2019estuaire dans l\u2019\u00e8re industrielle. La p\u00e9riode verte s\u2019ouvre \u00e0 partir des ann\u00e9es 1980 lorsque se met en place le processus de m\u00e9tropolisation qui invite \u00e0 la connaissance et \u00e0 la valorisation globale de l\u2019estuaire. En t\u00e9moignent trois \u00e9v\u00e9nements embl\u00e9matiques : la red\u00e9couverte de Jean-Jacques Audubon, naturaliste de renomm\u00e9e internationale qui a pass\u00e9 son enfance \u00e0 Nantes et \u00e0 Cou\u00ebron ; la r\u00e9apparition de l\u2019Ang\u00e9lique des estuaires, plante qui symbolise discr\u00e8tement la reconqu\u00eate du fleuve ; et la nouvelle vie du canal maritime de la Basse-Loire qui acquiert une dimension patrimoniale et s\u2019ouvre \u00e0 des activit\u00e9s de plein air.<\/p>\n<h2>Environnement et patrimoine<\/h2>\n<p>La richesse patrimoniale de l\u2019estuaire s\u2019exprime \u00e9galement \u00e0 travers les 40 000 hectares de zones humides qui, outre leur ind\u00e9niable int\u00e9r\u00eat floristique et faunistique, racontent la grande aventure humaine de l\u2019am\u00e9nagement hydraulique des marais de l\u2019estuaire depuis le Moyen \u00c2ge.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la Camargue, l\u2019estuaire de la Loire fait partie des principales zones humides en terme de superficie. Avec plus de 700 esp\u00e8ces de plantes et pr\u00e8s de 230 esp\u00e8ces d\u2019oiseaux, les marais de Loire donnent \u00e0 l\u2019estuaire un statut de \u00ab monument \u00e9cologique \u00bb. Parmi les esp\u00e8ces embl\u00e9matiques et prot\u00e9g\u00e9es, on trouve la Cigogne blanche, la Rousserolle effervatte, la Loutre qui font l\u2019objet de soins particuliers (comptage, baguage, etc.), la Fritillaire pintade, tr\u00e8s belle plante color\u00e9e en damiers pourpres et blancs appartient quant \u00e0 elle \u00e0 la flore rare et menac\u00e9e de l\u2019estuaire\u2026<\/p>\n<p>Les eaux de l\u2019estuaire de la Loire ont toujours livr\u00e9 une importante richesse, \u00e9l\u00e9ment majeur dans l\u2019alimentation des populations riveraines puis pr\u00e9cieuse marchandise avec l\u2019av\u00e8nement du commerce fluvio-maritime. Si l\u2019estuaire fournit des poissons d\u2019eau douce, les \u00ab poissons blancs \u00bb (brochet, sandre\u2026), la p\u00eache a, de fa\u00e7on s\u00e9culaire, toujours \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e sur l\u2019exploitation des poissons migrateurs traversant les oc\u00e9ans, pour venir se reproduire, grandir ou mourir dans l\u2019estuaire : mulets, anguilles et son alevin la civelle, aloses, lamproies, saumons\u2026<\/p>\n<p>Les marais, telle une longue \u00e9charpe verte qui s\u2019enroule autour des chemin\u00e9es rouges et blanches de la Centrale de Cordemais, sont des territoires am\u00e9nag\u00e9s, artificialis\u00e9s. L\u2019homme les a am\u00e9nag\u00e9s pour l\u2019\u00e9levage et la production fourrag\u00e8re. L\u2019eau circule suivant un jeu subtil de portes, de vannes, de clapets. Les marais, enjeu majeur de la biodiversit\u00e9 estuarienne, demeurent fragiles et r\u00e9clament des soins constants qui sans l\u2019intervention de l\u2019homme dispara\u00eetraient.<\/p>\n<p>Bien que la r\u00e9alit\u00e9 actuelle de l\u2019estuaire de la Loire et sa richesse patrimoniale fournissent un mat\u00e9riau tr\u00e8s riche pour appr\u00e9hender l\u2019identit\u00e9 de ce territoire, la compr\u00e9hension de l\u2019estuaire et la prise de conscience des enjeux patrimoniaux, qui lui sont li\u00e9s, demandent une \u00e9ducation du regard, des clefs de lecture pour donner \u00e0 voir autrement un espace qui entre Nantes et Saint-Nazaire demeure encore fort mal connu.<\/p>\n<h2>Une histoire li\u00e9e aux activit\u00e9s portuaires<\/h2>\n<p>La situation privil\u00e9gi\u00e9e de ce territoire a d\u00e9termin\u00e9 la fonction portuaire d\u2019un site qui est aujourd\u2019hui le quatri\u00e8me port de France, le premier de la fa\u00e7ade atlantique, avec un trafic de pr\u00e8s de trente-cinq millions de tonnes de marchandises par an.<br \/>\nLongtemps, en raison des navires utilis\u00e9s, les villes ports de fond d\u2019estuaire ont \u00e9t\u00e9 favoris\u00e9es. D\u00e8s l\u2019\u00e9poque gallo-romaine, Nantes mais \u00e9galement Rez\u00e9 sont des ports. Au Moyen \u00c2ge, Nantes est active, ainsi que des ports d\u2019\u00e9tier qui sont autant d\u2019avant-ports de Nantes diss\u00e9min\u00e9s le long de l\u2019estuaire. L\u2019\u00e9volution de la taille des navires et de leur tirant d\u2019eau bouleverse bient\u00f4t les donn\u00e9es au profit des ports proches des embouchures. D\u00e8s le XVI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, les plus gros navires charg\u00e9s de cargaisons destin\u00e9es \u00e0 Nantes d\u00e9barquent leurs marchandises \u00e0 Cou\u00ebron alors que Paimb\u0153uf s\u2019impose au XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Mais les efforts constants pour am\u00e9nager l\u2019estuaire et sa navigabilit\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 Nantes se r\u00e9v\u00e8lent insuffisants \u00e0 partir du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle et plus encore au XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle o\u00f9 s\u2019affirment alors les sites proches de l\u2019embouchure : Saint-Nazaire, Donges, Montoir.<br \/>\nUne autre dimension portuaire est \u00e0 prendre en consid\u00e9ration pour comprendre l\u2019identit\u00e9 de ce territoire, celle des \u00ab petits ports \u00bb. Tel est le nom donn\u00e9 par les ing\u00e9nieurs des Ponts et Chauss\u00e9es au xixe si\u00e8cle aux ports d\u2019\u00e9tier que l\u2019on trouve en bordure de rives depuis Ancenis jusqu\u2019\u00e0 l\u2019embouchure du fleuve. Pour la plupart, ils subsistent \u00e0 l\u2019\u00e9tat de relique ( Rohars, Port-Launay, Port-Lavigne\u2026), d\u2019autres ont m\u00eame \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement fossilis\u00e9s par les alluvions. Le port d\u2019\u00e9tier \u00e9tait un \u00e9l\u00e9ment important du paysage estuarien car il symbolisait le lien \u00e9troit qui unissait l\u2019arri\u00e8re-pays au fleuve.<\/p>\n<h2>L\u2019estuaire industriel<\/h2>\n<p>Les chantiers nazairiens sont les h\u00e9ritiers d\u2019une longue tradition m\u00e9tallurgique repr\u00e9sent\u00e9e, notamment, par deux usines situ\u00e9es au bord du fleuve : celle d\u2019Indret (DCN) date de 1777 et celle de Basse-Indre (Arcelor packaging international, anciennement les Forges) de 1821.<\/p>\n<p>Dans le prolongement du commerce colonial, se sont d\u00e9velopp\u00e9es les industries nantaises de la raffinerie de sucre, de la biscuiterie, les industries agro-alimentaires\u2026 L\u2019accroissement est tel qu\u2019\u00e0 partir des ann\u00e9es 1880, l\u2019estuaire fait figure de complexe industriel, aspect qui marque d\u00e9sormais le paysage d\u2019une mani\u00e8re ind\u00e9l\u00e9bile tant par ses usines que par ses friches industrielles.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un territoire contrast\u00e9 \u00e0 la recherche d\u2019un \u00e9quilibre entre d\u00e9veloppement \u00e9conomique et pr\u00e9servation de l\u2019environnement. De cette palette de couleur, le gris et le vert \u00e9voquent plus particuli\u00e8rement l\u2019histoire r\u00e9cente de l\u2019estuaire. 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